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Le retour du Digital Bolex : un projet open-source qui redonne vie à une caméra culte

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Le retour du Digital Bolex : un projet open-source qui redonne vie à une caméra culte
© cined.com – image presse

David Bross a réussi à faire fonctionner un prototype entièrement opérationnel de la caméra Digital Bolex D16, en la dotant d’un capteur Kodak d’époque et d’une Raspberry Pi 5. L’objectif n’est pas commercial : le créateur souhaite offrir deux exemplaires à des réalisateurs pour tester une nouvelle colorimétrie inspirée du film.

Un prototype fonctionnel né de l’ambition

Digital Bolex Rebuild. Credit: David Bross
© cined.com – source

C’est un défi technique qui a abouti. David Bross, ancien cadreur devenu menuisier et développeur d’applications, annonce avoir terminé le premier prototype entièrement fonctionnel de la Digital Bolex D16. Cette caméra culte, produite jusqu’en 2016 par une équipe torontoise dirigée par Joe Rubinstein et Elle Schneider, reposait à l’origine sur un capteur CCD Kodak KAI-05040.

Pour ce projet de réhabilitation, David a utilisé quatre des rares capteurs d’origine qu’il a pu acquérir. Le cœur du système est aujourd’hui une Raspberry Pi 5, pilotée par un firmware écrit en Python. L’image s’affiche sur un écran tactile et le tout est alimenté par une batterie V-mount, avec un stockage direct sur disque SSD.

Une esthétique bois et aluminium pour le terrain

Digital Bolex Rebuild. Credit: David Bross
© cined.com – source

Le boîtier de ce prototype actuel est une simple boîte en bois. David reconnaît volontiers qu’il est plus volumineux que nécessaire : il a dû laisser de la place pour accéder aux soudures minuscules lors des tests. Cependant, la version finale visera une ergonomie supérieure.

Compte tenu du savoir-faire de son créateur en menuiserie et design d’ameublement, le futur boîtier devrait combiner bois et aluminium pour offrir un rendu à la fois robuste et esthétique. L’idée est de créer un outil qui ne se contente pas de fonctionner en laboratoire, mais qui supporte les exigences du tournage réel.

La quête d’une colorimétrie cinématographique

Pour David Bross, le capteur n’est qu’un moyen. La véritable ambition réside dans la science des couleurs. Il souhaite que cette caméra numérique rende l’image comme un film Kodak 500T ou 250D. Pour y parvenir, il prévoit de tourner en parallèle avec une caméra pellicule et d’en extraire une matrice de couleurs.

Cette étape cruciale n’est pas encore finalisée. Le projet a dû attendre l’acquisition d’une caméra pellicule et la synchronisation des plannings pour effectuer les tests comparatifs nécessaires. Une fois cette matrice calibrée, elle sera intégrée à la version 2 de son application DIGILOG pour offrir un rendu fidèle à l’image argentique.

DIGILOG Camera iPhone App Brings Kodak 500T Film-Inspired Look, Open-Gate ProRes Recording, Free Download
© cined.com – source

Des unités offertes aux professionnels

Digital Bolex Rebuild. Credit: David Bross
© cined.com – source

Ce projet ne vise pas la vente. David Bross prévoit de construire au moins trois caméras au total. L’une restera sa propre unité, tandis que les deux autres seront mises à disposition gratuitement pour des réalisateurs et directeurs de la photographie qui souhaitent les tester.

Le créateur cherche actuellement des volontaires parmi la communauté pour utiliser ces caméras en situation réelle. Bien que les prix des composants aient triplé depuis le début du projet, notamment pour les puces mémoire, cela n’arrête pas l’aventure. L’objectif est de redonner vie à une machine disparue et de partager son expérience.

Comment suivre l’évolution du projet

Pour l’instant, aucune date de disponibilité commerciale ni prix ne sont annoncés. Les premiers résultats visuels bruts ont déjà été partagés en privé, avec la mise en garde que la colorimétrie n’est pas encore définitive. Pour suivre les progrès et savoir si vous pouvez postuler pour tester une unité, il faut consulter la chaîne YouTube de David Bross ou son site personnel.

Ce projet rappelle l’importance de la communauté dans l’évolution du matériel. En s’inspirant du travail open-source de Csaba Nagy sur le CinePi et en bénéficiant du soutien de Joe Rubinstein, David Bross montre qu’il est possible de maintenir vivante une technologie d’exception même après son arrêt de production.

Source : cined.com